03.02.2009

The real Christmas bonus

sirop.jpgThe real Christmas bonus pour moi, c'est qu'on peut ENFIN s'envoyer des grands crus sans être emmerdé.

Parce que le reste de l'année, pas moyen de sortir un Lafite Rothschild tranquille. Naaaaan. L'hôte du vingt et unième siècle se doit -se DOIT- d'arroser ses convives d'une trouvaille personnelle.

Et là vous pensez que je vous embarque dans un réquisitoire bien connu ventant les mérites du vin de Loire des familles sur les diableries californiennes.

Que nenni, bien au contraire. Aujourd'hui c'est contre la vinasse de campagne que je pars en croisade.

Dites moi, si vous le pouvez, quel est le dernier dîner auquel vous avez assisté et auquel vous n'avez pas eu droit au jovial "Bon alors en toute simplicité je vous débouche une petite bouteille sans prétention, vous m'en direz des nouvelles."

Et là ... eh oui ... vous voyez où je veux en venir ...

Une infâme piquette ... wait for it ... s'abat sur vous comme la misère sur le pauvre monde et la petite vérole sur le bas clergé (souvent breton, le bas clergé).

Jusque là rien de neuf sous le soleil, après tout qui n'est jamais tombé sur un gros rouge qui tache bien intentionné ? On en connaît même qui ont servi du 3615 monop ou du pamplemousse et qui ne s'en portent pas plus mal. Enfin qui ont survécu, quoi. 

La différence c'est que maintenant c'est obligatoire, on ne plaisante pas avec ça.

Enfin ce qui est obligatoire, pour être exacte, c'est :

1. que le râpe palais doit être fourni par un PETIT PRODUCTEUR. Attention, la définition du petit producteur est nette et précise, sinon n'y pensez même pas.

Le petit producteur doit être

un fieffé menteur passionné par son métier

- un incapable obsessionné du bon produit

- un cuistre de basse extraction acharné du terroir

- en bref Olivier Desancenot le parangon de la viticulture à la française

- et surtout gros et sale super sympa

2. que vous êtes allés chercher vous même l'objet du délit dans un endroit improbable, et de manière à le payer ENCORE MOINS CHER.

Et vous vous devez d'assommer votre auditoire avec un récit de votre découverte.

Ca commence forcément par quelque chose de révoltant comme "Alors on était partis camper dans la creuse". (deuuuh)

On poursuit "on a fait la tournée des petites exploitationsdu coin (re-deuuuh). Trop sympas les mecs, vraiment, ils nous ont fait goûter toute la cave, c'était dément. Autant vous dire qu'après deux ou trois on était ronds comme des tonneaux, haha."

Là la révélation : "Clairement celui là il était au dessus, tu vois"et d'enchaîner sur les supposées qualités de la piquette. Bon deux remarques en off ici :

- l'état dans lequel ils étaient explique cela <- première preuve à charge. Un mystère demeure cependant : pourquoi l'aveuglement se poursuit-il plusieurs semaines après, alors qu'on peut raisonnablement penser qu'ils ont décuité depuis ?

- si celui là était le meilleur ... la gueule des autres, à moi la peur.

Et pour finir l'exultation du pingre, du regardant : "ah non mais en plus vraiment pas cher, tu vois, genre 3E la bouteille, trop bien". Ah ben oui! <- deuxième preuve à charge.

CQFD.

Donc mon voeux le plus cher pour 2009 (haha, cher), ce serait d'entendre, plus souvent à table que dans la bouche de Louis de Funès, le fameux

 "C'est un Saint Julien, château Léoville Las Cases, 1953" !

Bises à tous et Pauillac for ever :-)

 

Commentaires

Et c'est sans compter l'invité fourbe qui ramène la piquette chez toi, alors que tu avais prévu un Aloxe Corton 1° cru...

De là, deux choix s'offrent à toi :
- lui faire le coup de "merci je la met à la cave on la boira une autre fois..." et lui faire boire une bouteille qu'il ne saura manifestement pas apprécier ; soit pire que de la confiture coing-groseilles aux cochons,
- ou sauver au plus vite la bonne bouteille, et souffrir tout le repas en risquant l'ulcère perforant, ou une mort certaine pour la plante dans laquelle tu vide ton verre...

Concile, je ne te remercierai jamais assez des bouteilles vraiment bonnes que tu m'apporte !

Ecrit par : DrTeebo | 04.02.2009

Chère concile,

J'ai bien noté la référence au 3615 et pour éclairer nos lecteurs qui auraient commis la faute de gout de ne pas être présents à ce diner, je m'en vais de ce pas le leur conter.

On était peinards en train de se régaler entre convives de bon aloi lors d'un diner magnifique lorsque le Clos Vougeot vint à manquer.

Ni une ni deux, notre chère concile, en excellente maitresse de maison nous apporte un régal d'une contenance de 75 cl.

Enfin un régal...

Disons donc que concile nous pose au milieu de la table un 3615 Monop (le 3615 vous donne une idée de la date de ce diner d'ailleurs). Précisément le même que celui ayant servi à décaper le porte avion Clémenceau en 1974 avant de lui appliquer une couche de peinture fraiche.

Encore cela aurait pu s'arrêter la ! On aurait tous fait comme si de rien n'était en déversant nos verres qui dans la plante verte (yen a pas) qui dans la gamelle du chien (yen a pas) qui dans le piano (c'est un faux) qui dans le cendrier.

Mais non! Concile voyant qu'elle avait confondu une bouteille de CIF avec un nectar s'empressa d'accuser un amis commun en disant, c'est lui qui m'a amené cette bouteille !

D'ailleurs on attends toujours la revanche!

Signé:
http://www.zenzi.org/Images/Photos/France/Auvergne/Auvergne32_big.jpg

Ecrit par : Clermont Forrrrrrever | 04.02.2009

Au détour d'un p'tit canon-non-non, même s'il a un peu de bouteille-teille-teille, j'vous propose une chanson-son-son, à boooiiiaaarrre (Pierre Perret) !!!

Si le bon Dieu nous a donné
Dans sa largesse un trou sous le nez
Pour baiser nos maîtresses
Pour compléter son souhait divin
Il voulut qu'on y verse
De temps en temps un verre de vin
Je cherche une fille en vain
Qui m'aime autant que j'aime le vin
Qui boira mon Bourgogne
Et mon Bordeaux mon Saint-Julien
Et leur violente sève
Coulera le feu dans nos reins

{Refrain:}
Claque ta langue
Fille de Bacchus
Contre la mienne
Et gloire à Vénus

Tandis qu'elle goûte à mon Latour
Au Chambertin au Saint-Amour
Sous sa robe vermeille
Elle m'offrira le fin bouquet
De sa divine treille
Au parfum d'ambre et de muguet
J'écouterai le doux babil
Qu'engendre le Mouton-Rothschild
Et ses fraîches papilles
Cajoleront le grand Pétrus
Qui fait jouer aux filles
L'amour sur un stradivarius

{au Refrain}

Elle saura se méfier de l'eau
Le nez dans le clos de Vougeot
Ou fleurant la vanille
Dans le gracieux Château Giscours
J'aimerai qu'elle s'habille
De ce parfum pour nos amours
Sortant mes lettres de cachet
Avec le noble Montrachet
La belle peut me rendre
Et en caresses et en bécots
En accolements tendres
Cent fois le prix de son écot

{au Refrain}

Qu'un jour nos académiciens
Boivent quelques gouttes de vin
Ils auront le courage
De définir ce mot abscons
Qui est tout à leur image
Il rime avec le frais Mâcon
Si le bon Dieu nous a donné
Dans sa largesse un trou sous le nez
Pour baiser nos maîtresses
Pour compléter son souhait divin
Il voulut qu'on y verse
De temps en temps un verre de vin

Ecrit par : Samantalatête | 04.02.2009

Hou la la mes aïeux, la superbe des commentaires s'abat sur mon blog !

On peut dire que paradoxalement la piquette fait couler à flot une encre de grande qualité.

Alors dans l'odre :

- Quel plaisir d'accueillir sur ce blog Dr Teebo !
Excellente contribution en effet, c'est un cas dérivé particulièrement chaffoin et qui manquait à l'étude.
Néanmoins je me permets de te mettre en garde sur l'option 1. car tu mets la piquette à la cave et après tu crois que c'est du bon et tu ressors du 3615 monop :-)

- Clermont foraweekortwooetjerentreàparis, merci de décrypter ma mésaventure à la face monde.
Note que nous avons un indice pour identifier le malotru qui m'a refilé le 3615 monop : il était en rade de Brest en 1974. Ca confirme mes soupçons.

- Samantalatête (hihi, c'est excellent) :
Je vois qu'on persiste et signe dans la chansonnette de mauvais alois. On eut pourtant pu croire que les palétuviers eussent suffi pour vous venger de cette innocente p'tit'mimi.
Enfin grande princesse, je donne le lien pour écouter la chose afin d'éviter à mes chers lecteurs les 45 min de recherches Gogole :
http://www.musicme.com/#/Pierre-Perret/albums/Pierre-Perret-0724352806928.html?play=01_07

Et je reconnais que c'est une phénoménale transition pour mon prochain article. C'est remarquable.

Ecrit par : Concile | 04.02.2009

La dernière bouteile que j'ai bue était un Dom Pérignon millésimé 1980 au Cristal Room Baccarat, Paris.
Alors forcément, j'ai du mal à croire ce que tu prétends !

Ecrit par : Cyborg | 06.02.2009

Il est des breuvages qui vous laissent indifférent (voire qui vous écoeurent) et il est un château Margaux 1981 qui, par une nuit d'été, laisse un souvenir indélébile dans ce corps qui m'habite.

Don Corleone ... un gentil qui restera gentil :)

Ecrit par : Don Corleone | 10.02.2009

Tu es d'une légère mauvaise foi quand même. Laisse moi te narrer une anecdote.

Alors, on était partis réveillonner à Clermont. On est allé visité une petite exploitation du coin, le Saint Verni. Trop sympas les mecs, vraiment, ils nous ont fait goûter toute la cave, c'était dément. Autant vous dire qu'après deux ou trois, on était rond comme des tonneaux, ha ha. Clairement, il y en avait un qui était au dessus du lot, tu vois, et j'en ai acheté une caisse pour la rapporter à Paris.

Toute ressemblance avec des situations existantes ou ayant existé est parfaitement intentionnelle.

Ecrit par : N | 23.04.2009

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