03.08.2008

Russian, russian, russian

Et oui, même à New York, la Russie on l'aime ou on ne l'aime pas. En l'occurence je suis une fan invétérée et je me suis donc empressée de visiter tous les postes avancés rouges dans la Big Apple.

Le Russian and Turkish Bath

Vous connaissez ma passion pour les hammams et spas en tout genre, je n'allais quand même pas rater les plus anciens bains de New York. Et cette fois-ci j'avais vérifier avant : port du maillot de bain autorisé et même obligatoire (je ne vous ai pas encore raconté le hammam à poils que mes copines m'ont offert pour mon anniversaire, hein ?). Parfait. En fait on vous donne même une robe longue assez sympa pour porter dans les salles de repos.

L'entrée ressemble à celle de n'importe quelle maison de ville de Lower East Side, et ensuite c'est un peu glauque : sombre, et que des mecs. Je demande au monsieur si c'est bien mixte, oui oui. Je descends, je me change, je mets la robe, je redescends, et là, pareil ! sombre, un peu glauque, que des mecs. Bon, je me dis qu'ils sont doivent tous être gays, et qu'ils s'en foutent de voir une fille en maillot de bain, donc j'y vais.

Là il y a 5 salles différentes :

- sauna sandal wood, pas trop chaud

- sauna normal, trop chaud

- steam room, le hammam

- aromatherapy room, le hammam avec les huiles essentielles

- russian radiant heat room, là ça mérite de s'arrêter. Sans doute la seule pièce qui soit d'origine : c'est tout en pierre, il y a une sorte de four géant qui fait la taille de ma chambre au milieu, et des escaliers autour sur lesquels on peut se reposer. Comme au hammam il est recommandé de se jeter des seaux d'eau froide régulièrement. Comme au hammam on peut faire des massages. Mais pas comme au hammam, les massages russes se font assez violemment avec des branches de bouleaux (entières, avec les feuilles et tout et tout!!). Bon là j'ai pas essayé, ma conscience de grand reporter a des limites. En plus, j'ai déjà fait un message abominable récemment chez mes chinoises, il faudra que je vous raconte ça aussi.

Quand on sort, on peut soit se jeter dans la piscine d'eau glacée vraiment très très glacée, soit aller se faire bronzer sur le sun desk sur le toit. Enorme.

Le Russian Tea Room

Restaurant mythique de la fin du XIXème, le Russian Tea Room est juste à côté de Carnegie Hall. Il est tout simplement superbe, on y est restées plus de trois heures, et honnêtement on aurait bien dormi là bas. La déco de la salle du bas est vert foncé, doré, et rouge. Les murs sont tapissés de toiles de maîtres évoquant l'Eternelle Russie : des Chagall, des dessins de Picasso pour les costumes des ballets russes, magnifique. Et musique classique, évidemment.

Nous avons testé le délicieux 3 courses lunch et nous ne saurions assez vous le recommander : 35$, des plats modernes et raffinés, inspirés de la cuisine traditionnelle russe, délicieux mais équilibrés, impeccable. Le service était tellement sophistiqué et ... magnifique .... que Cricri a filmé le serveur - hum, bon d'accord, à ma demande, c'était plutôt mon style de serveur. Pour tout vous dire, je me le repasse en boucle avant de m'endormir le soir :-) 

Pravda

Dernière escale russe de notre épopée américaine, ce bar brancouille fort sympatoche, est situé juste à côté d'un GIGANTESQUE Santa Maria Novella.

[Petite digression sur Santa Maria Novella pour ceux qui ne connaissent pas - Lestat va encore s'ennuyer sur mon blog. Cette superbe marque vend des cosmétiques, bougies, parfums et remèdes en tout genre depuis plusieurs siècles. Les produits sont fabriqués à Florence, je vous le donner en mille, dans le couvent Santa Maria Novella, selon les recettes secrètes des apothicaires locaux, qui étaient très en avance sur leur temps, comme pourraient en témoigner un certain nombre de Médicis. 

Tous les produits, notamment les excellents iris, sont issus de la région. Et tous les produits, notamment l'excellent poudre d'iris, sont fabuleux. Il n'y a qu'une boutique en France, à Lyon rue Auguste Comte, courrez-y.]

Revenons au Pravda, donc, où une fois de plus on nous a demandé notre carte d'identité pour vérifier qu'on avait plus de 21 ans, hehehehe ça fait plaisir. Pour résumer, disons que Pravda est à la vodka ce que Santa Maria Novella est à la cosmétique : des produits variés, très parfumés, fabriqués artisanalement, et diablement efficaces.

 

13.07.2008

Les gratte-ciel

Pour vous éviter de vous retourner le cerveau à la place de profiter tranquillement de cet article, je vous confirme qu'après plusieurs vérifications, il semblerait effectivement que le pluriel de gratte-ciel soit gratte-ciel. Voilà ça c'est dit.

Et puisqu'on est dans les considérations orthographiques, vous applaudissez aujourd'hui le grand retour de nos amis les accents : ééé èèèè êêê. yoopie.

Un peu de géographie

Pour ceux qui n'ont vu New York ni en vrai ni sur une carte, sachez qu'il y a 5 quartiers : Manhattan (c'est celui qui nous intéresse), Brooklyn, le Bronx, Queens et Staten Island.

Manhattan est une sorte de longue goutte.

Tout en haut : Harlem. Bon c'est un quartier un peu chargé historiquement, et vraiment beau contrairement à ce que j'imaginais. De nos jours il est assez sur. Mais on n'y va quand meme pas, on est trop blancs.

En haut ou uptown : quartiers très chics et très résidentiels, avec Central Park au milieu.

Au milieu ou midtown : quartier de bureaux, des théâtres et des boutiques de compétition.

En bas ou downtown : quartiers hyyper branchés et le financial district.

Les gratte-ciel

Les gratte-ciel sont situés tout en bas, dans le Financial District, autour de feu les tours jumelles, et dans midtown, autour de notre hotel. Observés d'en bas, c'est magnifique. Les perspectives se croisent, les lignes s'envolent, c'est futuriste, irréel.

Les bâtiments des années 20/30 sont élégants et affinés sur leur dessus, de manière à ne pas bloquer la lumière. Leurs façades sont parfois travaillées. Les plus récents sont des tours en verre, avec souvent des lignes courbes assez intéressantes.

Notre favori est de loin le Chrysler Building, trop clââââsse de jour comme de nuit.

Ensuite on est allées les voir d'en haut -enfin du milieu pour commencer. Nous sommes allées prendre un verre au Rooftop Revolving Bar du Marriott. Si c'est ça ! c'est au sommet de la tour, soit au 48ème étage, et le bar tourne. Il faut une heure pour faire les 360° de la persperctive, dans une foret de gratte-ciels. C'est incroyable. On se sent dans un comic book et on s'attend à voir Batman sortir d'un toit ou Spiderman accroché à une fenetre. 

L'arnaque de l'Empire State Building

C'est supposé être le plus haut de tous, et de loin. Et la vue de Manhattan depuis un bateau confirme : il semble dépasser de plusieurs têtes ses petits camarades.

En revanche, où qu'on soit dans Manhattan, y compris à ses pieds, il ne dépasse pas les autres, il est tout à fait commun. Hein heiiiiiin.

En plus depuis le Marriott, il s'tait caché (houhou) derriere un copain, on avait du mal à dire. On a pensé pendant un certain temps qu'il était monté sur ressort et se baissait régulièrement pour embrouiller le touriste, le chaffouin. 

Aux grands maux les grands remèdes, on a fini par ascensionné le sommet (haaaa encore une ascension réussie pour Concile, ça ne s'arrête plus) pour tirer l'affaire au clair. L'impression est très particulière : pour la première fois du séjour, on avait une vue dégagée. Pas d'autre gratte-ciel en face, même pas une petite banque, rien.

Et ensuite on baisse les yeux et là, sous le vide ... tout ! la ville, les lumières, les avenues, les rivières, la vie. New York, quoi.

Maintenant vous mourrez d'envie de voir des photos. Ne vous inquiétez pas, les filles ont mitraillé jours et nuit, vous aurez le tout très bientôt.

 

30.06.2008

I'm in a New Yooork state of mind

Quelques lignes sur notre nouveau quotidien de pintades new yorkaises.

Le premier avantage de notre hotel est qu'on ne se perd pas, il est quasiment sous l'Empire State Building. C'est dans Midtown, autrement dit au milieu de Manhattan, le quartier des theatres, des boutiques et d'un certain nombre de gratte-ciels.

Quand on est arrivees a notre hotel, on l'a confondu avec la gare tellement le hall est grand. Il accueille d'ailleurs regulirement des conferences. Les premiers jours on croisait des poupoules toutes plumes dehors qui assistaient au "Mama Gena's Womanly Arts Seminar" :

Mama Gena's School of Womanly Arts trains women of all ages to use the power of pleasure to have their way with the world.
http://www.mamagenas.com/. On a failli s'inscrire :-)

Contrairement aux idees recues, on mange tres bien a New York. Il y a plein de delicieuses salades dans les delis (entre la cantine et la superette). Ensuite a vous de voir :

- un hot dog = 1.5 dollar

- une salade = 15 dollars.

Les bagels sont delicieux, comme prevus, et nous nous sommes rendus au tres special "2cd Avenue Deli" pour tester le meilleur pastrami de la ville. Excellent endroit, largement plus elegant que les autres delis, et largement plus juif que toute la rue des Rosiers.

Donc le petit modele de sandwich au pastrami vient avec 4 petites tranches de pain et 15 cm de pastrami. Pas en longueur, en largeur. Impossible a enfourner, donc, et impossible a finir, bien entendu.

Les filles, qui avaient peur d'avoir faim, l'ont pris en version buger.  Avec 500g de pain brioche et 500g de steack hache. Pas ;ange pendant 2 jours.

Et hier soir on a teste les cocktails dans un bar branchouille avec les poupoules de competition. Les New Yorkaises ne plaisentent carrement pas : griffees des pieds a la tete, super brushing, manucure, pedicure, les meme que dans Sex and the City.

Je vous laisse, je vais tester pour vous le Russian Tea Room.

 

27.06.2008

Birdland

C'est le club de jazz dans lequel jouait Charly Parker. Et depuis, ca se maintient plutot bien :-)

On est tombees sur un orchestre afro cubain de folie : du jazz de tres haut niveau, avec des styles tres varies et une peche incroyable. Et comme c'etait l'anniversaire du chef, il y a eu pleins d'invites jazzeux, c'etait genial.

New York, ville du jazz, c'est sur.

Seul bemol : la clim. Comme partout ici d'ailleurs. J'ai attrappe une pneumonie des le deuxieme jour tellement il fait froid. C'est horrible. Ici on met son manteau en entrant et on l'enleve en sortant.

Et enfin sur vos nombreuses recommandations (merci !), je me suis empressee de commander mon premier vrai Long Island Iced Tea. Pas decue du voyage ! De fait il est  assez different de son collegue parisien. Il est transparent, a croire qu'ils ont oublie le coca ;-) Et je confirme, la balance des differents alcools est largement plus subtile, il est largement meilleur.

Bises et n'oubliez pas de laisser des commentaires si vous voulez que je continue a me lever a l'aube pour vous ecrire des articles ;-) 

26.06.2008

Le musee d'histoire naturelle (si, je vais au musee d'histoire naturelle)

Bon pour recadrer tout de suite, c'est le musee ou travaille Ross dans Friends, mais ce n'est pas pour ca qu'on y est allees.

C'est parce qu'on est avant tout des scientifiques. Et aussi parce aue c'est dans notre tres avantageux City Pass.

Enfin on est quand meme allees dans le planetarium (heheee). Si ! Et on y a vu un show appele "Cosmic Collisions". Very approriate.

Sinon c'etait pas mal, on a vu les dinosaures, les indiens, les mammiferes et les cailloux. Ca va du super top moderne au franchement decrepi.

Chaque salle porte le nom de son mecene. C'est comme a l'Opera, chaque danseur est sponsorise, et dans le programme il y a la liste des donateurs : > a 2 millions, entre 500 000 et 2 millions, entre 100 000 et 500 000, etc.

Mary Poppins

Les Miserables et Cats n'etant plus a l'affiche, le choix de notre premiere comedie musicale on Broadway etait tres ouvert. C'est tombe sur Mary Poppins, God bless her.

C'etait dans un theatre en carton pate decore super kitsch, dans l'ambiance litteralement survoltee de Times Square.

Et la, pas de mollesse, tout est parfait, nickel chrome, hyper pro. La totale.

Les artistes sont topissimes, y compris Jane et Michael d'ailleurs. Les roles des parents sont developpes de facon assez interessante, en revanche le monsieur qui s'envole en riant n'y est plus.

La mise en scene est au sommet, reprenant tous les elements principaux du film, tout en apportant suffisamment de nouveautes pour etre une vraie creation.

Les decors et les costumes, pas du tout en carton pate, eux, changent en permanence, presque sans qu'on s'en rende compte. Spectaculaire.

Et comble du bonheur, j'ai eu droit a UNE MEGA SCENE DE CLAQUETTES, lorsqu'ils sont sur les toits, c'etait enorme. Bert a meme danse sur les murs et le plafond (15m de haut). Unbelibeble.

Prochains sur la liste : Hairspray et Chicago.

Metropolitan Opera House - American Ballet - La Bayadere

Coup de bol, en passant a l'Opera a 19h, on a eu des places a 25S a l'orchestre (A L'ORCHESTRE !) pour le soir meme. Trop fort. Un aller retour dans le Poupoules Express pour nous faires belles et nous voila sous le plafond fort dore de la salle fort doree du Metropolitan Opera House.

A l'instar des climats tropicaux, l'Opera de NY compte deux saisons. La c'est la saison danse, et il y a un tube different chaque semaine.

La compagnie est l'American Ballet, le New york City Ballet se consacrant visiblement a un repertoire plus contemporain, incompatible avec le besoin de tutus de Cricri.

La choregraphie est celle de Petitpas un peu revue, mais ne connaissant pas l'original j'ai du mal a mesurer la diffference. Disons que ca y ressemble quand meme beaucoup, sans les passages un peu longs / un peu chiants => superbe.

Les solistes sont excellents, technique superbe, et tres expressifs. En revanche le corps de ballet c'est le cirque Pinder. Ti leves la jambe quand ti veux, ti tiens ton arabesque si ti as envie, ti deranges pas pour moi. Dans la salle aussi, d'ailleurs, t'applaudis au milieu des variations, tu te barres avant que les danseurs aient salue, etc.

Bref, on y retourne la semaine prochaine pour voir The Merry Widow. Quelqu'un sait si c'est vraiment un ballet ?

25.06.2008

Le sketch de la valise

Nous sommes bien arrivees a New York (eh oui, privees d'accents cette semaine). Mais sachez qu'un incident de derniere minute a bien failli nous empecher de partir : impossible de fermer ma valise ! Jusque la rien de nouveau, me direz vous, c'etait previsible vu que Cheri n'est pas la pour porter la moitie de mes affaires.

Mais non. ELLE ETAIT TROP VIDE !!!

Haha, quel rebondissement inattendu, cher lecteur. Mes affaires ne prenaient que les deux tiers de la moitie de la malle. 8 kg. Navrant. Bon je me suis forcee, j'en ai rajoute.

L'explication : d'apres notre billet electronique, on n'avait droit qu'a 20 kg de bagages, soit pil poil le poids de shopping que je comptais rapporter. 

En fait on a appris a l'aeroport qu'on pouvait aller jusqu'a 46 kg, mais attention EN 2 VALISES. Pas fini de rigoler...

A suivre : l'enregistrement, Birdland, l'hotel, le Met, l'Opera, le musee d'histoire naturelle (si), la ville et hehe, le debut des magasins.

 

12.06.2008

La bronzitude

Allez, un petit article réchauffé. Les aides à la compréhension sont en bas de page. 

Voici le dernier reportage de votre envoyée spéciale en milieu hostile : le séjour au club mad - je sais, c'est hard. Are you reaaaaady?

Tout a commencé lorsque qu'un événement troublant est venu chatouiller la branchitude paisible de ma vie parisienne. 

Imaginez la scène : vous êtes en train de dîner quand l'un de vos amis - j'entends un ami bien, du genre à faire le tour des US en caisse ou le tour de l'avenue Montaigne en Roberto Cavalli - laisse échapper : "de toute façon moi je ne pars plus qu'avec le club maintenant". 

Vous empressez de prétendre qu'il ne s'est rien passé. Lorsqu’un second hurle "ah ouiiiiiiiii, les G.OOOOOOOOOO, ils sont trop tooooooooooops", vous passez en mode panique et essayez de vous échapper discrètement en rampant sous les tables. Et quand votre serveur fétiche se joint à la meute scandant "ke-mer! ke-mer! ke-mer! ke-mer!", vous flairez l'embrouille. 

N'écoutant que votre esprit d'aventure et 3 mois de pressions, supplications, menaces, lettres anonymes, tortures, chantages, enlèvement du chien, charges de l'armée rouge, orchestrées en choeur (<- wouaf wouaf) par vos soit disant amis et votre chéri, vous faites vos valises et sautez dans l'avion. 

Parlez-vous Kemer? 

Selon le vocabulaire consacré, Kemer est un "village". Eh oui, ça s'appelle encore comme ça. Et il y a un chef de village, d'ailleurs. Heureusement, il n'y a plus les cases langoustes ou crustacées, ce sont des petits blocs blancs à volets bleus assez discrets.

C’est accroché sur le bord de mer, avec pinède, palmiers, c'est charmant. "4 tridents", gneurf. Ca veut dire luxueux. Je confirme :-)

Tout est compris, tout est soigné, à toute heure du jour et de la nuit. Et surtout, c'est "Freestyle", c'est-à-dire pas d'enfants, pas de vieux (ne prenez pas ça personnellement pour ceux qui seraient concernés ;-). 

Slogan : no Kemer no party - mais si. Bref, une sorte de 21ème arrondissement, mais en mieux et au soleil. 

Le classieux lexique vous permet également de décrire ethnologiquement la population :

- G.O., ça veut dire personnel européen et prestigieux, dont une certaine quantité de super stars

- G.E., ça veut turc qui fait le ménage

- G.M., c’est nous, quelques européens, et 400 israéliens dont c'était justement la semaine de vacances (vous êtes israélien, mais vous n'êtes pas juif?)(2). Puisqu'on en parle, pour ceux qui n'en ont jamais rencontrés, les israéliens de Kemer sont de taille moyenne, le teint mat, les cheveux noirs, les yeux très clairs (haaa), et sa race musclés.

Ils mettent à profit leurs 3 années de service militaire obligatoire pour soulever de la fonte, autant dire qu’il n'y avait pas de mollesse (3) autour de la piscine. Pour dire, Chéri, Nico et quelques autres se sont faits lattés au water polo par une fille, 35 à 2. Seule contre tous. Ils sont revenus avec des bleus.

 Ajoutez à cela une bonne grosse dose de pouffes, voire une bonne dose de grosses pouffes, dont certaines russes -pouffes d'élevage, string panthère inclus, cf « Eve lève toi »-, et on peut dire que c'était complètement un village de beaux.   

Last one last one (4) 

Le programme annoncé : sport toute la journée, fête toute la nuit. J'avais personnellement prévu de faire l'impasse sur la première partie, bien entendu. Et bien non, j'ai fait plus de sport en une semaine à Kemer qu'en 6 mois à Paris. Vous n'y croyez pas une seule seconde ? Je vous explique : j'ai été submergée par les options. 

Première option : il y a des cours de fitness toute la journée. Les mêmes qu'à Paris, certes, mais avec 2 arguments très convaincants : les cours en plein air au dessus de la mer, et ... les GO, nous y venons. Un mec invraisemblable tout droit sorti d'un jeu vidéo : musclé, bronzé, visage taillé à la serpe, yeux bleu vif, cheveux blonds en l'air, une forte tendance à faire son show. Perso, ça m'a pris plusieurs heures de fitness par jour avant de me remettre de mes émotions :-) 

Deuxième option : salsa ! Magnifique. Encore un GO star : Karl Lagerfeld, qui aurait appris à danser au Babylon (5). Silhouette à la Hedi Slimane, très snob, très cassant, à mourir de rire. Regardant Nico se débattre avec le pas de base et sa partenaire, d'un air à la fois blasé et atterré : (dire avec l'accent italien ET l'accent de Karl) "En même temps avec celle-là, ça ne va pas êtrrrrre facile...Si elle est bourrrrée, moi jé ny peu rrrrien" 

Troisième option : ski nautique. Je pensais naïvement qu'on commençait assis sur le ponton et qu'on était directement dans la position normale lorsque le bateau passait. Bon, en fait, non. On commence en vrac dans l'eau, avec des skis partout, au bord de la noyade, et amuse toi bien pour te retrouver cool debout en train de faire coucou à la foule. Contre toute attente, j'ai réussi (si), et en moins de temps qu'il n'en faut à Mireille Matthieu pour apprendre la date de la bataillde Marignan (6)J'ai adoré la suite, c'était énorme, gros coup de coeur du séjour. 

Quatrième option : ballade en bateau pour snorkler dans les petites criques avec les poissons de toutes les couleurs. daaaah. 

Pour terminer, il y a une quantité de sports sans intérêt pour occuper les masses, tennis, beach volley, escalade (expérience largement moins convaincante que le ski nautique : Concile, à 2m du sol sur le mur tellement facile qu'on dirait un escalier, paralysée par la hauteur et tétanisée par l'effort), etc. 

Pour se remettre de tout ça, un petit hammam. Haaaa. Enfin, le hammam -mixte- était tenu par un sacré pervers qui interdisait le port du maillot de bain sous la serviette, sous prétexte d'hygiène. Hygiène mes genoux. La serviette en question, complètement transparente une fois mouillée, arrivait largement au dessus des genoux des mecs qui la portaient à la taille, imaginez pour les filles qui auraient tenté de la fixer à la poitrine. Fi du pervers, donc, le maillot est resté. 

Agadoud, dou, dou

Malgré la hypitude supposée de Kemer, je restais méfiante quant à d'éventuels résidus de club maderie genre agadou dou dou, ou les jeux crétins type c'est la banane qui pousse la pomme. Bon, hum, ils sont là.  

Les signes démentiels (bip bip meuuuuh) sont devenus les crazy signs (prononcez saïgnz). 3 fois par jour les top GO se réunissent au bord de la piscine ou à côté du bar, chorés crazy (7) sur musiques crazy pendant près d'une heure, avec la foule en délire.

En d'autres termes : terrain de drague favorable, ou à tout le moins bonne séance de repérage pour attaque ultérieure. Sans surprise, je n'ai pas pu en être. Dignité mise à part, les multiples crazy sauts impliqués dans l'affaire n'étaient pas compatibles avec les talons aiguilles de mes Tods.  

Le sketch de la valise lui s'est transformé en une série de spectacles plus que discutables. Et un soir par semaine, il y pire : la soirée jeux. Une bonne occasion de vous brouiller avec vos amis.

Par exemple vous complotez un maximum pour envoyer l'un d'eux dont c'est justement l'anniversaire sur scène, lui promettant un remake fameux de "j'ai encore rêvé d'elle" qui alimentera vos longues soirées d'hiver. Et là, sous vos yeux horrifiés, il s'agit en fait d'un jeu qui se déroule avec une partenaire (par exemple, la soeur de son meilleur ami choisie elle par hasard), et que la fille doit faire passer 2 balles de ping pong d'une cheville à l'autre du mec en passant par l'intérieur du jean. Les mains de la fille restent à l'extérieur du jean, mais tôt ou tard elle se retrouve malgré tout avec deux fois trop de ... Gloups. 

Une seule solution pour survivre à tout ça : plus de Chanel, plus de cocktails. 

Are you ready to partyyyyyyyyy? 

La première party à laquelle vous êtes confronté à peine descendu de l'avion est la mousse party. Novice, vous entrez avec réticence dans l'amphithéâtre en plein air dont le sol est pour l'occasion entièrement tapissé de moquette, encouragé par la musique à fond et les GO à bloc. Vous levez les yeux et, incrédule, vous découvrez Superman, la Sorcière, un fantôme, boso le clown, monsieur propre (ah, mais il n'est pas déguisé, lui? il est vraiment comme ça? c'est le prof d'escalade? je le note et je m'en félicite (8)) qui dansent sur les murailles du théâtre. On n'en profite pas longtemps, parce que assez rapidement on est SUBMERGE de mousse. Au début, ça déstabilise, on pense qu'on va étouffer, mais on finit par respirer. Top fun, ça vous enlève les complexes de danser en maillot de bain. Ensuite pour enlever la mousse il y a la lance à incendie. Cool :-) 

Les autres parties, c'est tous les soirs, et c'est vraiment vraiment top. Le dress code est plutôt chic, et change chaque soir. Evidemment, vous vous êtes procuré le programme sur les sites d'aficionados afin d'effectuer le shopping approprié avant de partir. Les soirées commencent par un long apéro au bar, et se poursuivent avec un dîner somptueux, buffet genre Versailles. Vers minuit, le vrai fun commence, dans la boite en plein air sur la plage, yoopla boom. 

Une autre occasion d'énerver vos amis, comme Chéri qui, par charité chrétienne, a décidé de draguer toutes les filles que Nits approchait, histoire de l'encourager à peaufiner ses techniques.

Ou quand une blonde genre bombe sexuelle est venue danser lascivement au milieu de notre groupe, je vous refais le dialogue :

Nico : hou là, c'est Nits qui attaque?

Moi : non, c'est elle, mais je comprends pas encore bien qui elle attaque. Nits ? la Denrée ? C'est pas clair.

Elle (serrée contre moi) : Do you know you are the most beautiful woman I've ever seen?

Nico (plié en deux) : haaaa, hahahaha hihihihihi yeyeyeyeyeye houuuuu Chéri, vient voir!!

Moi : hum, oui, heu, bon

Les autres mecs : gneurf.

Ego boosté pour toute la semaine, et voilà :-) 

Paradis artificiel 

Et voilà, une semaine dans un cadre qui n'a rien mais rien d'authentique, coupé du reste du monde, avec un confort et un entre soi éhontés -nous avons quand même vu tous les lieux touristiques principaux de la Turquie, il faut le dire, ... sur la télé du bar ! -  un assistanat permanent... et ça marche.

Dès les premières minutes on oublie toute sa vie, tous ses problèmes, et on alterne avec bonheur, sans aucune substance illicite, entre la douceur de vivre planante du cannabis et les explosions d'énergie de l'extasie. Paradis artificiel, Kemer, donc? Certainement, dont on rentre avec pleins de souvenirs, un certain vague à l'âme -j'en rêve toutes les nuits, une pêche d'enfer, et ... 3kg en moins, yes! 

Merci à Nits encore une fois d'avoir tout organisé - et de m'avoir emmenée de force - et aux 6 autres d'avoir été "leurs fantastics selfs". 

Aides à la compréhension :

(1) cf Desproges

(2) cf rabbi Jacob (vous n'alliez pas échapper aux références culturelles à de Funès) : Salomon : et mon oncle, il est rabbin. De Funès : mais il n'est pas juif?

(3) toujours de Funès, dans l'Homme Orchestre, à ses danseuses : mmmm, j'ai vu des mollesses, hein! Allez, on recommence le tout, tout de suite

(4) feinte du prof de fitness pour vous faire croire que se sont les derniers abdos alors qu'en fait, pas du tout, il en reste pleins, haaa

(5) club branché de Queer as folks

(6) Encore Desproges, bande de sous doués papistes que vous êtes

(7) comprenez "débiles"

(8) ça doit répondre aux questions que vous vous êtes forcément posées en lisant précédemment que j'avais essayé de faire de l'escalade

05.05.2008

Epilogue. Lève toi et vide ta bouteille d'eau

931157258.jpgAprès une semaine entre l’enfer montagnard et le paradis sous marin, nous avons repris l’avion pour Paris.

Petit détail pour finir : si vous avez pris l’avion récemment vous êtes au courant des dernières idées débilissimes pour éviter que l’axe du mal n’endommage nos airbus. Qu’on n’ait pas droit à la lime à ongles, je comprends, c’est une arme de destruction massive, d’ailleurs Sadam en avait plein. Mais maintenant à Roissy, tu dois mettre ton mini shampoing et ton micro dentifrice dans un sac de congélation, c’est tellement plus sûr. 1943427965.jpg

Et après tu jettes ta bouteille d’eau avant de passer le contrôle de police, au cas où en fait ce soit de la nitroglycérine. Ca te permet d’en racheter une autre, une vraie, dans les boutiques de l’aire d’embarquement. Et tu mets ton Saint Estèphe à congeler en soute, tant que tu y es.

Alors qu’en Egypte, c’est différent. Il y a presque autant de terroristes de touristes, il faut un bakchich pour pouvoir mettre un pied devant l’autre, mais quesse t’en a na foutre, quesse t’en a na pèter, tu embarques tes bidons d’essence devant l’armée entière chargée de contrôler ton sac à dos.

Sur ces bonnes paroles, je vous laisse méditer le grand message biblique de ces vacances et je vous dis à bientôt J

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