25.06.2008

Le sketch de la valise

Nous sommes bien arrivees a New York (eh oui, privees d'accents cette semaine). Mais sachez qu'un incident de derniere minute a bien failli nous empecher de partir : impossible de fermer ma valise ! Jusque la rien de nouveau, me direz vous, c'etait previsible vu que Cheri n'est pas la pour porter la moitie de mes affaires.

Mais non. ELLE ETAIT TROP VIDE !!!

Haha, quel rebondissement inattendu, cher lecteur. Mes affaires ne prenaient que les deux tiers de la moitie de la malle. 8 kg. Navrant. Bon je me suis forcee, j'en ai rajoute.

L'explication : d'apres notre billet electronique, on n'avait droit qu'a 20 kg de bagages, soit pil poil le poids de shopping que je comptais rapporter. 

En fait on a appris a l'aeroport qu'on pouvait aller jusqu'a 46 kg, mais attention EN 2 VALISES. Pas fini de rigoler...

A suivre : l'enregistrement, Birdland, l'hotel, le Met, l'Opera, le musee d'histoire naturelle (si), la ville et hehe, le debut des magasins.

 

12.06.2008

La bronzitude

Allez, un petit article réchauffé. Les aides à la compréhension sont en bas de page. 

Voici le dernier reportage de votre envoyée spéciale en milieu hostile : le séjour au club mad - je sais, c'est hard. Are you reaaaaady?

Tout a commencé lorsque qu'un événement troublant est venu chatouiller la branchitude paisible de ma vie parisienne. 

Imaginez la scène : vous êtes en train de dîner quand l'un de vos amis - j'entends un ami bien, du genre à faire le tour des US en caisse ou le tour de l'avenue Montaigne en Roberto Cavalli - laisse échapper : "de toute façon moi je ne pars plus qu'avec le club maintenant". 

Vous empressez de prétendre qu'il ne s'est rien passé. Lorsqu’un second hurle "ah ouiiiiiiiii, les G.OOOOOOOOOO, ils sont trop tooooooooooops", vous passez en mode panique et essayez de vous échapper discrètement en rampant sous les tables. Et quand votre serveur fétiche se joint à la meute scandant "ke-mer! ke-mer! ke-mer! ke-mer!", vous flairez l'embrouille. 

N'écoutant que votre esprit d'aventure et 3 mois de pressions, supplications, menaces, lettres anonymes, tortures, chantages, enlèvement du chien, charges de l'armée rouge, orchestrées en choeur (<- wouaf wouaf) par vos soit disant amis et votre chéri, vous faites vos valises et sautez dans l'avion. 

Parlez-vous Kemer? 

Selon le vocabulaire consacré, Kemer est un "village". Eh oui, ça s'appelle encore comme ça. Et il y a un chef de village, d'ailleurs. Heureusement, il n'y a plus les cases langoustes ou crustacées, ce sont des petits blocs blancs à volets bleus assez discrets.

C’est accroché sur le bord de mer, avec pinède, palmiers, c'est charmant. "4 tridents", gneurf. Ca veut dire luxueux. Je confirme :-)

Tout est compris, tout est soigné, à toute heure du jour et de la nuit. Et surtout, c'est "Freestyle", c'est-à-dire pas d'enfants, pas de vieux (ne prenez pas ça personnellement pour ceux qui seraient concernés ;-). 

Slogan : no Kemer no party - mais si. Bref, une sorte de 21ème arrondissement, mais en mieux et au soleil. 

Le classieux lexique vous permet également de décrire ethnologiquement la population :

- G.O., ça veut dire personnel européen et prestigieux, dont une certaine quantité de super stars

- G.E., ça veut turc qui fait le ménage

- G.M., c’est nous, quelques européens, et 400 israéliens dont c'était justement la semaine de vacances (vous êtes israélien, mais vous n'êtes pas juif?)(2). Puisqu'on en parle, pour ceux qui n'en ont jamais rencontrés, les israéliens de Kemer sont de taille moyenne, le teint mat, les cheveux noirs, les yeux très clairs (haaa), et sa race musclés.

Ils mettent à profit leurs 3 années de service militaire obligatoire pour soulever de la fonte, autant dire qu’il n'y avait pas de mollesse (3) autour de la piscine. Pour dire, Chéri, Nico et quelques autres se sont faits lattés au water polo par une fille, 35 à 2. Seule contre tous. Ils sont revenus avec des bleus.

 Ajoutez à cela une bonne grosse dose de pouffes, voire une bonne dose de grosses pouffes, dont certaines russes -pouffes d'élevage, string panthère inclus, cf « Eve lève toi »-, et on peut dire que c'était complètement un village de beaux.   

Last one last one (4) 

Le programme annoncé : sport toute la journée, fête toute la nuit. J'avais personnellement prévu de faire l'impasse sur la première partie, bien entendu. Et bien non, j'ai fait plus de sport en une semaine à Kemer qu'en 6 mois à Paris. Vous n'y croyez pas une seule seconde ? Je vous explique : j'ai été submergée par les options. 

Première option : il y a des cours de fitness toute la journée. Les mêmes qu'à Paris, certes, mais avec 2 arguments très convaincants : les cours en plein air au dessus de la mer, et ... les GO, nous y venons. Un mec invraisemblable tout droit sorti d'un jeu vidéo : musclé, bronzé, visage taillé à la serpe, yeux bleu vif, cheveux blonds en l'air, une forte tendance à faire son show. Perso, ça m'a pris plusieurs heures de fitness par jour avant de me remettre de mes émotions :-) 

Deuxième option : salsa ! Magnifique. Encore un GO star : Karl Lagerfeld, qui aurait appris à danser au Babylon (5). Silhouette à la Hedi Slimane, très snob, très cassant, à mourir de rire. Regardant Nico se débattre avec le pas de base et sa partenaire, d'un air à la fois blasé et atterré : (dire avec l'accent italien ET l'accent de Karl) "En même temps avec celle-là, ça ne va pas êtrrrrre facile...Si elle est bourrrrée, moi jé ny peu rrrrien" 

Troisième option : ski nautique. Je pensais naïvement qu'on commençait assis sur le ponton et qu'on était directement dans la position normale lorsque le bateau passait. Bon, en fait, non. On commence en vrac dans l'eau, avec des skis partout, au bord de la noyade, et amuse toi bien pour te retrouver cool debout en train de faire coucou à la foule. Contre toute attente, j'ai réussi (si), et en moins de temps qu'il n'en faut à Mireille Matthieu pour apprendre la date de la bataillde Marignan (6)J'ai adoré la suite, c'était énorme, gros coup de coeur du séjour. 

Quatrième option : ballade en bateau pour snorkler dans les petites criques avec les poissons de toutes les couleurs. daaaah. 

Pour terminer, il y a une quantité de sports sans intérêt pour occuper les masses, tennis, beach volley, escalade (expérience largement moins convaincante que le ski nautique : Concile, à 2m du sol sur le mur tellement facile qu'on dirait un escalier, paralysée par la hauteur et tétanisée par l'effort), etc. 

Pour se remettre de tout ça, un petit hammam. Haaaa. Enfin, le hammam -mixte- était tenu par un sacré pervers qui interdisait le port du maillot de bain sous la serviette, sous prétexte d'hygiène. Hygiène mes genoux. La serviette en question, complètement transparente une fois mouillée, arrivait largement au dessus des genoux des mecs qui la portaient à la taille, imaginez pour les filles qui auraient tenté de la fixer à la poitrine. Fi du pervers, donc, le maillot est resté. 

Agadoud, dou, dou

Malgré la hypitude supposée de Kemer, je restais méfiante quant à d'éventuels résidus de club maderie genre agadou dou dou, ou les jeux crétins type c'est la banane qui pousse la pomme. Bon, hum, ils sont là.  

Les signes démentiels (bip bip meuuuuh) sont devenus les crazy signs (prononcez saïgnz). 3 fois par jour les top GO se réunissent au bord de la piscine ou à côté du bar, chorés crazy (7) sur musiques crazy pendant près d'une heure, avec la foule en délire.

En d'autres termes : terrain de drague favorable, ou à tout le moins bonne séance de repérage pour attaque ultérieure. Sans surprise, je n'ai pas pu en être. Dignité mise à part, les multiples crazy sauts impliqués dans l'affaire n'étaient pas compatibles avec les talons aiguilles de mes Tods.  

Le sketch de la valise lui s'est transformé en une série de spectacles plus que discutables. Et un soir par semaine, il y pire : la soirée jeux. Une bonne occasion de vous brouiller avec vos amis.

Par exemple vous complotez un maximum pour envoyer l'un d'eux dont c'est justement l'anniversaire sur scène, lui promettant un remake fameux de "j'ai encore rêvé d'elle" qui alimentera vos longues soirées d'hiver. Et là, sous vos yeux horrifiés, il s'agit en fait d'un jeu qui se déroule avec une partenaire (par exemple, la soeur de son meilleur ami choisie elle par hasard), et que la fille doit faire passer 2 balles de ping pong d'une cheville à l'autre du mec en passant par l'intérieur du jean. Les mains de la fille restent à l'extérieur du jean, mais tôt ou tard elle se retrouve malgré tout avec deux fois trop de ... Gloups. 

Une seule solution pour survivre à tout ça : plus de Chanel, plus de cocktails. 

Are you ready to partyyyyyyyyy? 

La première party à laquelle vous êtes confronté à peine descendu de l'avion est la mousse party. Novice, vous entrez avec réticence dans l'amphithéâtre en plein air dont le sol est pour l'occasion entièrement tapissé de moquette, encouragé par la musique à fond et les GO à bloc. Vous levez les yeux et, incrédule, vous découvrez Superman, la Sorcière, un fantôme, boso le clown, monsieur propre (ah, mais il n'est pas déguisé, lui? il est vraiment comme ça? c'est le prof d'escalade? je le note et je m'en félicite (8)) qui dansent sur les murailles du théâtre. On n'en profite pas longtemps, parce que assez rapidement on est SUBMERGE de mousse. Au début, ça déstabilise, on pense qu'on va étouffer, mais on finit par respirer. Top fun, ça vous enlève les complexes de danser en maillot de bain. Ensuite pour enlever la mousse il y a la lance à incendie. Cool :-) 

Les autres parties, c'est tous les soirs, et c'est vraiment vraiment top. Le dress code est plutôt chic, et change chaque soir. Evidemment, vous vous êtes procuré le programme sur les sites d'aficionados afin d'effectuer le shopping approprié avant de partir. Les soirées commencent par un long apéro au bar, et se poursuivent avec un dîner somptueux, buffet genre Versailles. Vers minuit, le vrai fun commence, dans la boite en plein air sur la plage, yoopla boom. 

Une autre occasion d'énerver vos amis, comme Chéri qui, par charité chrétienne, a décidé de draguer toutes les filles que Nits approchait, histoire de l'encourager à peaufiner ses techniques.

Ou quand une blonde genre bombe sexuelle est venue danser lascivement au milieu de notre groupe, je vous refais le dialogue :

Nico : hou là, c'est Nits qui attaque?

Moi : non, c'est elle, mais je comprends pas encore bien qui elle attaque. Nits ? la Denrée ? C'est pas clair.

Elle (serrée contre moi) : Do you know you are the most beautiful woman I've ever seen?

Nico (plié en deux) : haaaa, hahahaha hihihihihi yeyeyeyeyeye houuuuu Chéri, vient voir!!

Moi : hum, oui, heu, bon

Les autres mecs : gneurf.

Ego boosté pour toute la semaine, et voilà :-) 

Paradis artificiel 

Et voilà, une semaine dans un cadre qui n'a rien mais rien d'authentique, coupé du reste du monde, avec un confort et un entre soi éhontés -nous avons quand même vu tous les lieux touristiques principaux de la Turquie, il faut le dire, ... sur la télé du bar ! -  un assistanat permanent... et ça marche.

Dès les premières minutes on oublie toute sa vie, tous ses problèmes, et on alterne avec bonheur, sans aucune substance illicite, entre la douceur de vivre planante du cannabis et les explosions d'énergie de l'extasie. Paradis artificiel, Kemer, donc? Certainement, dont on rentre avec pleins de souvenirs, un certain vague à l'âme -j'en rêve toutes les nuits, une pêche d'enfer, et ... 3kg en moins, yes! 

Merci à Nits encore une fois d'avoir tout organisé - et de m'avoir emmenée de force - et aux 6 autres d'avoir été "leurs fantastics selfs". 

Aides à la compréhension :

(1) cf Desproges

(2) cf rabbi Jacob (vous n'alliez pas échapper aux références culturelles à de Funès) : Salomon : et mon oncle, il est rabbin. De Funès : mais il n'est pas juif?

(3) toujours de Funès, dans l'Homme Orchestre, à ses danseuses : mmmm, j'ai vu des mollesses, hein! Allez, on recommence le tout, tout de suite

(4) feinte du prof de fitness pour vous faire croire que se sont les derniers abdos alors qu'en fait, pas du tout, il en reste pleins, haaa

(5) club branché de Queer as folks

(6) Encore Desproges, bande de sous doués papistes que vous êtes

(7) comprenez "débiles"

(8) ça doit répondre aux questions que vous vous êtes forcément posées en lisant précédemment que j'avais essayé de faire de l'escalade

16.05.2008

La pintade gourdasse chez le coiffeur

1330643556.gifJe m'incline : pintadons ce blog !

Les déboires sentimentaux de la pintade étant déjà fort bien exposés chez Sonia la grande prétresse, je me lance dans une nouvelle étude que nous intitulerons : 

"La pintade gourdasse et le défi du quotidien"

Être une pintade gourdasse, c'est comme être une femme libérée, c'est pas si facile. (hou là, commence mal).

Épreuve 1 : la pintade gourdasse chez le coiffeur

Ou comment perdre la face, la couleur et 100E quand on est une pintade gourdasse - et ce n'est que le début. 

La vie d'une pintade gourdasse est pleine d'obstacles, y compris en plein coeur de Pintadeland - c'est à dire dans les salons de coiffure. J'avais pour une fois une idée très précise quant à l'évolution de mon plumage : une petite coupe sexy et un balayage du soleil trop top trop beau, doré sur le dessus et illuminé sur les pointes. Et ouaaaaais.1160731484.gif

My pintadeself entre donc avec assurance chez le meilleur balayeur de volaille de Paris. Alors elle va faire le balayage d'abord et puis ensuite elle verra ce qu'on fait pour la coupe, hein ? Ouaaaaais.

Bien clair sur les pointes et naturel sur le dessus, pas plus simple.

Après une heure de peinture sur plumes : elle va faire un carré plongeant ? Heu, non, pas vraiment, enfin elle va voir, quoi.

Après une heure trente : bon je lui fais un balayage pour carré plongeant, hein ? (attention pintade en action ->) Heu, oui, heu, non, enfin vous savez mieux que moi

Après deux heures (le cerveau de la pintade, inondé dans le colorant, tourne à bloc ->) : au fait quand on va couper vous êtes sure que ça va pas enlever les pointes que vous être en train d'éclaircir ? Non ? Ah ben oui c'est sur, je vois.

1106457897.gifVous pensez qu'avec tout ça je suis au moins une pintade gourdasse bien blonde, hein ;-) ?

Trop pas. Deux heures de mèche à mèche plus une heure de sèchage, coupées en 10 minutes. Et il m'a fallu 3 jours pour m'en rendre compte.

Bienvenu dans le monde cruel des pintades gourdasses.